31.05.2009

Expériences "sans tête"

Les éditions Almora viennent de publier un nouveau livre de José Le Roy et Lorène Vergne consacré aux expériences de Douglas Harding. De nombreux dessins de Lorène illustrent le livre.

 

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Extraits :

"Expérience 20 : L'objet est vu



matériel : aucun

temps: 10 mn

nombre de participants: 1 au minimum



Nous vivons à partir d'une dualité illusoire, celle du couple Sujet/Objet. Nous pensons à tort que nous sommes un sujet percevant des objets. Je suis le Sujet ici et je perçois l'objet là-bas à une certaine distance.

L'expérience suivante vise à montrer que cette manière de percevoir et de vivre est fausse.

Regardez un objet, par exemple, ce livre posé sur la table.

Nous pensons que nous voyons ce livre ; nous croyons en effet que la vision est comme un rayon de lumière qui part de nos yeux, franchit une certaine distance, et va enfin toucher le livre. Nous nous imaginons la vision comme un acte reliant deux choses : mes yeux et l'objet. La vision comme la lumière d'un phare part de nous (le sujet) et atteint le livre (l'objet) situé à une certaine distance.



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Dessin 22 : on s'imagine lire en tant que troisième personne

En réalité, il s'agit là de la vision en seconde et troisième personne ; c'est bien ce qui se produit quand « tu » vois, « il » ou « elle » voit ou « eux » voient ; le schéma correspond bien au dessin précédent : un objet (la tête) se trouve à une certaine distance d'une autre objet (ce livre).

Mais, quand nous sommes attentifs à ce que nous montre l'expérience, la vision ne se produit pas du tout ainsi ; il n'y a pas un sujet (en plus identifié lui-même à un objet) à distance d'un autre objet.

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   Dessin 23 : Le livre apparaît dans l'espace de la vacuité ; personne ne lit.

Mais nous pouvons voir à partir du dessin que l'acte de lire est tout à fait différent :

Y a -t-il quelqu'un qui voit le livre ?

Voyez-vous un observateur qui regarde le livre ?

La vision ne se produit-elle pas plutôt à partir d'un espace vide, sans limite et sans forme ?

Ne doit-on pas plutôt dire : le livre est vu ?

Et n'en va-t-il pas de même pour tous les objets ?


L'éveil c'est réaliser que je ne regarde pas les objets mais que les objets sont vus par personne."

http://eveilphilosophie.canalblog.com/

Commentaires

" Y a -t-il quelqu'un qui voit le livre ?

Voyez-vous un observateur qui regarde le livre ?"

Réponses aux questions : je vois qu'il y a un espace dans lequel apparaît le livre.
Je vois que je ne vois pas d'observateur.

Dans les deux cas, les questions ont fait apparaître un sujet de l'objet de connaissance : "espace" ou "pas d'observateur".
L'objet s'est déplacé, le sujet aussi.

Ecrit par : jean louis | 19.10.2009

"L'objet s'est déplacé, le sujet aussi."

Mais ce déplacement est-il infini? Je veux dire, au début il y a l'impression d'un sujet observant un objet, puis l'attention se porte sur l'observation elle-même, éliminant du coup la dualié observateur/observé.

L'attention est-elle autre chose que l'observation non-duelle?

Ecrit par : Xence | 19.10.2009

Peut-être, mais tant qu'il y a un but, une action volontaire, une expérience, l'attention ne peut se porter sur l'observation elle-même.
"Ne doit-on pas plutôt dire : le livre est vu ?"
Non-dualité = il n'est même plus question de "livre". On ne sait pas ce qui est vu.

Ecrit par : jean louis | 20.10.2009

Oui, bien sûr. Dans l'état de Vision, il n'y a plus de volonté personnelle. En fait, le déplacement de l'attention de l'objet vers le sujet n'est qu'une étape provisoire, car bientôt on se rend compte qu'une telle entreprise est vouée à l'échec. Le sujet ne peut pas se saisir en tant qu'objet (puisqu'il ne l'est pas), ni en tant que sujet (car le sujet a toujours besoin d'un objet).
On aboutit à l'impasse qui sanctionne les limites du mental.
En essayant d'opérer ce "retournement" vers soi, la conscience échappe au piège mental qu'elle s'est créé elle-même...

Ecrit par : Xence | 24.10.2009

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