20.05.2008
Un jour
Un jour,
hors de ce cocon de chair
je m’élèverai comme un oiseau doré aux ailes silencieuses
gracieux comme la fumée d’une flamme s’éteignant.
Je ne rêverai plus d’endroits
Caché – en secret dans les fentes du paradis
où les pieds ne laissent plus d’empreintes.
Un jour,
je marcherai dans les jardins, tenant les mains
de ma création et du créateur.
Nous nous toucherons
comme les amoureux déchirés par la mort
pour dire au revoir.
Nous serons étendus dans les bras l’un de l’autre
jusqu’à ce que nous nous éveillions unis
invisibles aux autres.
Un jour,
j’isolerai la partie de moi
qui est toujours présente.
Je danserai avec elle
comme le reflet de la lune sur l’eau.
Je la retiendrai pour moi dans une longue étreinte
qui bat la perfection
dans l’hymne du gardien des chants.
Un jour,
lorsque je me recroquevillerai en moi
je rêverai à toi
cet animal fait de peau et d’os.
Je soupirerai afin de connaître encore ta vie.
Je te rechercherai
comme tu me recherches maintenant.
Quelle magie !
Gloire à l’aspiration à l’inconnu !
Celui qui recherche toujours le soi
qui trompe les apparences.
Qui rêve lui-même éveillé et endormi.
Qui sait que les deux faces du canevas
sont peintes, attendant que les autres
se moulent à nouveau.
James
Extrait du site des Wingmakers ( Poèmes pdf )
17:05 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : wingmakers, james, recherche, soi, amour, éveil
03.05.2008
Dieu

Douglas Harding
Il m’est difficile de croire en Dieu. Surtout en un Dieu orthodoxe tel qu’on Le représente ou, disons, en Dieu tel que Le conçoivent la plupart des gens raisonnables. Voilà pourquoi :
1 – Il est indétectable. Il semble qu’Il soit répandu partout, un peu comme la Gravité ou une sorte de Gaz Sacré. Il est partout en général et nulle part en particulier. Ce qui fait qu’il est difficile de le trouver, de mettre le doigt sur Lui.
2 – De même, il semble qu’Il soit intemporel, répandu à travers toute l’histoire, sans date précise. Ce qui fait qu’il est difficile de le situer dans le temps, de prendre rendez-vous avec Lui.
3 – Et, bien sûr, Il est absolument invisible. Ce qui fait qu’il est beaucoup plus difficile de Le prendre au sérieux, Lui, que les gens et les choses qui m’entourent – difficile de le prendre au sérieux tout court.
4 – Tout ceci renforce la croyance (si ancrée qu’elle va sans dire) qu’Il est pur Esprit et donc sans corps. Et « Il n’a pas de corps » devient si facilement « Il n’est personne » !
5 – « Sans corps » signifie forcément « sans cerveau », et « sans cerveau » signifie généralement « sans mental ». Une conclusion que les sages contemporains comme Ramana, Nisargadatta et D.T. Suzuki (sans parler des psychologues behavioristes J.B. Watson et B.F. Skinner) confirment lorsqu’ils me disent que le problème avec mon mental c’est que je crois en avoir un, ou en être un. A quoi j’ajouterais que Dieu ne va certainement pas s’encombrer d’un fardeau dont je peux moi-même me libérer. Alors, comment puis-je éviter de conclure qu’Il n’a pas plus de mental qu’Il n’a de corps ? Ou peut-être serait-il plus prudent de dire que Son mental, s’il existe, doit être tellement différent du mien qu’on devrait lui donner un autre nom ? Ce qui concrètement suffit pour confirmer Son irréalité, du moins pour moi.
6 – Je trouve aussi difficile de croire en un Dieu impersonnel, si différent de moi qu’Il est inimaginable, que de croire en un Dieu personnel, si semblable à moi qu’Il n’est que trop imaginable et manifestement une projection, un anthropomorphe. Dans les deux cas, je suis agnostique.
7 – Et je trouve aussi difficile de croire en un Dieu sans pitié et sans amour qui, à cet égard du moins, serait inférieur à moi que de croire en un Dieu plein d’amour qui apparemment fait si peu pour alléger les souffrances des innocents. D’une façon ou d’une autre, à nouveau, je suis agnostique.
Eh bien, je ne sais pas ce que vous en pensez, mais voilà les raisons pour lesquelles je doute de l’existence de Dieu. Elles constituent un solide dossier. Est-il surprenant que le monde moderne n’ait que faire de Lui ?
Abandonnant Dieu suis-je alors un incrédule abandonné par Dieu, un athée, même contre mon gré ? Me suis-je vraiment débarrassé de Lui ? Sera-t-Il pour toujours en tête de ma liste de Personnes Disparues ?
Le doute subsiste : peut-être n’est-Il pas du tout comme cela ? Peut-être ce portrait-robot provisoire est-il faux du début à la fin ? Peut-être même m’amène-t-il à découvrir ce qu’Il n’est pas !
Voyons donc. Prenons un par un les sept points responsables de mon agnosticisme et passons-les au crible d’un examen minutieux.
22:40 Publié dans Spiritualité | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : dieu, mental, personne, croire, je, univers, amour
17.03.2008
Du Détachement
J'ai lu beaucoup d'écrits, tant de maîtres païens que de prophètes, de l'Ancien et du Nouveau Testament, et j'ai recherché avec tout mon sérieux et toute mon application quelle est la plus belle et la plus haute des vertus : par laquelle l'homme peut se conformer le plus étroitement à Dieu et redevenir autant que possible pareil à son modèle original, tel qu'il était en Dieu, dans lequel il n'y avait aucune différence entre lui et Dieu, jusqu'à ce que Dieu eût créé les créatures. Et quand je vais au fond de tout ce qui a été écrit là-dessus, aussi loin que peut atteindre ma raison avec son témoingage et son jugement, je n'en trouve pas d'autre que le pur détachement de toute chose créée. C'est dans ce sens que Notre-Seigneur dit à Marthe : "Une chose est nécessaire !" Ce qui veut dire : Qui veut être inaltérable et pur doit avoir une chose, le détachement.
Beaucoup de maîtres prônent l'amour comme ce qui est le plus haut, tel saint Paul quand il dit : "Quelque tâche que j'entreprenne, si je n'ai pas l'amour je ne suis rien." Mais je mets le détachement encore au-dessus de l'amour. D'abord pour cette raison : le meilleur dans l'amour est qu'il m'oblige à aimer Dieu. Or c'est quelque chose de beaucoup plus important d'obliger Dieu à venir à moi que de m'obliger à aller à Dieu, et cela parce que ma béatitude éternelle repose sur ce que Dieu et moi devenions un. Car Dieu peut entrer en moi d'une façon plus intime et s'unir à moi mieux que je ne peux m'unir à lui. Or, que le détachement oblige Dieu à venir à moi, je le prouve ainsi : tout être se tient volontiers dans le lieu naturel qui lui est propre. Le lieu naturel de Dieu qui lui est propre par excellence est l'unité et la pureté, or celles-ci reposent sur le détachement. C'est pourquoi Dieu ne peut pas s'empêcher de se donner lui-même à un coeur détaché.
La seconde raison pour laquelle je mets le détachement au-dessus de l'amour est celle-ci : si l'amour m'amène au point de tout endurer pour Dieu, le détachement m'amène au point de n'être plus réceptif que pour Dieu. Or c'est ce qui est le plus haut. Car dans la souffrance l'homme a toujours encore un regard sur la créature par laquelle il souffre ; par le détachement au contraire il se tient libre et vide de toutes les créatures. Or, que l'homme détaché ne soit plus réceptif que pour Dieu, je le prouve ainsi : ce qui doit être reçu il faut que ce le soit en quelque sujet. Or le détachement est si proche du pur néant qu'il n'y a rien qui serait assez fin pour trouver place en lui, hormis Dieu : Lui est si simple et si fin qu'il trouve bien place dans le coeur détaché.
Les maîtres ont loué aussi l'humilité de préférence à beaucoup d'autres vertus. Mais je mets le détachement au-dessus de toute humilité. Et cela pour la raison suivante : l'humilité peut exister sans détachement, mais non pas le parfait détachement sans une humilité parfaite. Car celle-ci tend à la destruction de notre moi. Or le détachement frôle de si près le néant qu'entre le détachement parfait et le néant il n'y a aucune différence. C'est pourquoi il ne peut absolument pas y avoir de détachement parfait sans humilité. Mais deux vertus sont toujours mieux qu'une. Ma seconde raison est celle-ci : l'humilité parfaite se courbe au-dessous de toutes les créatures - par quoi l'homme sort de lui vers la créature ; mais le détachement reste en lui-même. Or, quelque remarquable que puisse être une telle sortie de soi-même, rester en soi-même est pourtant toujours quelque chose d'encore plus haut. C'est pourquoi le prophète dit : " Toute la magnificence de la fille du roi vient de son intérieur." Le détachement parfait ne connaît aucun regard sur la créature, ni fléchissement de genou, ni fierté dans le maintien, il ne veut être ni au-dessous ni au-dessus des autres, il ne veut que reposer sur lui-même, sans souci de l'amour ou de la souffrance de personne. Il n'aspire ni à l'égalité ni à l'inégalité avec quelque autre être que ce soit, il ne veut pas ceci ou cela, il ne veut qu'être un avec soi-même ! Mais être ceci ou cela il ne le veut pas, car celui qui le veut il veut être quelque chose, mais le détachement veut n'être rien ! C'est pourquoi toutes choses sont indifférentes pour lui.
Maintenant on pourrait objecter : la sainte Vierge avait pourtant toutes les vertus, et donc aussi celle du détachement dans sa plus haute perfection. Si celle-ci est plus haute que l'humilité pourquoi Notre-Dame glorifia-t-elle son humilité et non son détachement quand elle dit : "Il regarda l'humilité de sa servante ?" A cela je réponds : en Dieu est aussi bien le détachement que l'humilité - si tant est qu'on puisse du tout parler de vertus en Dieu. Ce fut son humilité pleine d'amour qui porta Dieu à s'abaisser à prendre la nature humaine, et pourtant, en devenant homme, il resta en lui-même aussi impassible que quand il créa le ciel et la terre - ainsi que je l'exposerai plus loin. Le Seigneur demeurant donc, quand il voulut devenir homme, dans son détachement impassible, Notre-Dame savait bien qu'il attendait d'elle la même chose quand il regarda aussi en outre son humilité et non son détachement. C'est pourquoi elle demeura dans un détachement impassible, mais ne se glorifia que de son humilité et non de son détachement...
Je mets aussi le détachement au-dessus de la compassion. En effet, la compassion n'est rien d'autre que le fait pour l'homme de sortir de lui-même vers les défauts de son prochain et d'en avoir le coeur troublé. De cela le détachement est affranchi, il reste en lui-même et ne se laisse troubler par rien. - Bref, quand je considère toutes les vertus, je n'en trouve aucune qui soit aussi parfaite et qui nous fasse autant ressembler à Dieu que le détachement.
Un maître nommé Vincent dit : "L'esprit qui est détaché, sa puissance est si grande : ce qu'il voit, cela est vrai, et ce qu'il désire cela lui est accordé, et là où il commande il faut lui obéir !" Oui, vraiment, l'esprit devenu libre, dans son détachement, il contraint Dieu à venir à lui ; et s'il était en état de demeurer sans forme et sans faire d'acte étranger à son essence, il tirerait à lui l'essence la plus personnelle de Dieu. Mais cela Dieu ne peut le donner à personne qu'à lui-même. C'est pourquoi, avec l'esprit détaché, il ne peut faire autrement que de se donner Lui-même à lui. L'homme qui est complètement détaché est tellement ravi dans l'éternité que rien de passager ne peut plus l'amener à recevoir une sensation corporelle. Il est mort au monde parce que rien de terrestre ne lui dit plus rien. C'est cela que saint Paul avait en l'esprit quand il disait : "Je vis et ne vis pourtant pas. Le Christ vit en moi."
Etre semblable à Dieu.
Maître Eckhart [Instructions spirituelles]
16:03 Publié dans Spiritualité | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : détachement, maître eckhart, amour, humilité, compassion
17.10.2007
Qu'est-ce que la méditation?
Traduit de l'anglais par Xence
Texte source: http://sannyas.org/quotes/meditation.htm
La méditation n'est pas une méthode indienne; ce n'est pas simplement une technique. Vous ne pouvez pas l'apprendre. En fait, c'est beaucoup plus une croissance: croissance de votre vie dans son entier. La méditation n'est pas quelque chose qui peut vous être ajouté tel que vous êtes. Cela ne peut pas vous être surajouté, cela peut seulement venir à vous à travers une transformation radicale, une mutation. C'est un bourgeonnement, une croissance. La croissance concerne toujours l'ensemble; ce ne peut pas être une addition. Exactement comme l'amour, on ne peut pas vous l'ajouter. Il croît en raison de votre entièreté. Vous devez donc croître envers la méditation.
D'habitude, on comprend le silence comme étant quelque chose de négatif, une espèce de vide, d'absence de son, de bruits. Ce malentendu est hélas assez répandu parce que très peu de gens ont jamais fait l'expérience du silence. Tout ce qu'ils ont expérimenté au nom du silence n'est que l'absence de bruit. Mais le silence est un phénomène totalement différent. Il est absolument positif. Il est existentiel, non pas néant vide. Il déborde d'une musique que vous n'avez jamais entendue auparavant, d'un parfum qui ne vous est pas familier, d'une lumière qui ne peut être vue que des yeux intérieurs.
Ce n'est pas quelque chose de fictif; c'est une réalité, et une réalité qui est déjà présente en chacun - seulement nous ne prenons pas la peine d'y regarder de près.
Votre monde intérieur a sa propre saveur, son propre parfum, sa propre lumière. Et c'est absolument silencieux, immensément silencieux, éternellement silencieux. Il n'y a jamais eu aucun bruit dedans, et il n'y en aura jamais. Aucun mot ne peut l'atteindre, mais VOUS pouvez l'atteindre.
Le véritable centre de votre être est le centre d'un cyclone. Quoi qu'il arrive autour, rien ne l'affecte. C'est un silence éternel: les jours vont et viennent, les années passent et repassent, les âges se suivent, les vies se succèdent, mais l'éternel silence de votre être demeure exactement le même. La même musique insonore, le même parfum divin, la même transcendance de tout ce qui est mortel, de tout ce qui est provisoire.
Ce n'est pas VOTRE silence.
Vous ETES ce silence.
Ce n'est pas quelque chose qui est en votre possession: c'est vous qui êtes possédé par lui, et c'est ce qui fait sa grandeur. Même "vous", vous n'êtes plus là, car votre "présence" dérangerait.
Ce silence est tellement profond qu'il n'y a personne alentour, même pas "vous". Et ce silence vous apporte la vérité, et puis l'amour, et des milliers d'autres bienfaits.
***
La méditation vous apporte une certaine sensibilité, un formidable sens d'appartenir au monde. Car ceci est notre monde... les étoiles sont nôtres, et nous ne sommes pas étrangers ici. Nous appartenons intrinsèquement à l'existence. Nous en faisons partie, nous en sommes le COEUR.
Vous devenez tellement sensible que même le plus petit brin d'herbe prend une immense importance pour vous. Votre sensibilité vous signifie clairement que ce petit brin d'herbe est aussi important à l'existence que peut l'être la plus grande des étoiles: sans ce brin d'herbe, l'existence serait amoindrie. Ce petit brin d'herbe est unique, il est irremplaçable, il a sa propre individualité.
Et cette sensibilité vous créera de nouvelles amitiés - amitié avec les arbres, aves les oiseaux, avec les animaux, avec les montagnes, avec les rivières, avec les océans, avec les étoiles. Et la vie s'enrichit au fur et à mesure que l'amour croît, que l'amitié croît.
Si vous vous adonnez à la méditation, tôt ou tard vous allez rencontrer l'amour. Si vous méditez profondément, tôt ou tard vous allez sentir s'éveiller en vous un énorme amour comme vous n'en avez jamais connu auparavant -- une nouvelle qualité à votre être, une nouvelle porte qui s'ouvre. Vous êtes devenu une nouvelle flamme, et maintenant vous avez envie de partager.
Si vous aimez profondément, petit à petit vous vous rendrez compte que votre amour est en train de devenir de plus en plus méditatif. Une subtile qualité de silence vous envahit. Les pensées disparaissent, laissant la place à des intervalles... des silences! Vous touchez votre propre profondeur.
L'amour vous plonge dans la méditation s'il est authentique; et la méditation vous rend aimant si elle est authentique.
Vous avez besoin d'un amour qui prend naissance dans la méditation, non dans le mental. Tel est l'amour dont je parle continuellement.
Des millions de couples de par le monde vivent comme si l'amour est là. Ils vivent dans un monde de "comme si". Evidemment, comment peuvent-ils être heureux? Ils sont asséchés de toute énergie. Ils essaient d'obtenir quelque chose à partir d'un faux amour, mais ce dernier ne peut pas remplir ses engagements. D'où la frustration, d'où l'ennui continu, d'où le harcèlement ininterrompu, les querelles d'amoureux. Chacun des deux partenaires tente en fait de réaliser l'impossible: rendre leur histoire d'amour éternelle, ce qui ne peut se faire bien sûr. Elle est née du mental et le mental ne peut pas vous donner le moindre aperçu de l'éternité.
D'abord, allez méditer, parce que l'amour provient de la méditation -- c'est l'arôme de la méditation. La méditation est la fleur, le lotus aux mille pétales. Laissez-la s'épanouir. Laissez-la vous aider à glisser dans la dimension verticale, là où il n'y a ni pensée ni temps, et alors subitement vous verrez que le parfum est là. Et alors c'est l'éternel, et alors c'est l'inconditionnel. Et puis ça ne s'adresse même pas à quelqu'un en particulier, ça ne peut pas être dirigé envers quelqu'un en particulier. Ce n'est même pas une relation, c'est davantage une qualité qui vous entoure. Cela n'a rien à voir avec autrui. Vous aimez, vous êtes amour: c'est alors éternel. C'est votre arôme. On l'a vu autour du Bouddha, autour de Zarathoustra, autour de Jesus. C'est un type d'amour totalement différent, qualitativement différent.
***
Bouddha définissait la compassion comme étant "amour plus méditation". Quand votre amour n'est pas qu'un simple désir de l'autre, quand votre amour n'est pas seulement un besoin, quand votre amour est partage; quand votre amour n'est pas celui d'un mendiant mais celui d'un empereur, quand votre amour n'attend rien en retour et qu'il est disposé seulement à donner -- donner pour la pure joie de donner -- alors ajoutez-y la méditation et le pur arôme sera dégagé, la splendeur emprisonnée sera libérée. Telle est la compassion; c'est le plus sublime des phénomènes. Le sexe est animal, l'amour est humain, la compassion est divine. Le sexe est physique, l'amour est psychologique, la compassion est spirituelle.
Sans aucune raison du tout, vous vous sentez soudainement joyeux. Dans la vie de tous les jours, vous éprouvez de la joie pour une raison donnée. Vous avez rencontré une belle femme et vous êtes joyeux, ou bien vous venez d'engranger l'argent dont vous avez toujours rêvé et vous êtes joyeux, ou alors vous avez acheté une belle maison avec un superbe jardin et vous êtes joyeux, mais toutes ces joies ne peuvent pas durer. Elles sont provisoires, elles ne peuvent pas demeurer continues et ininterrompues.
Si votre joie est provoquée par quelque chose elle finira par disparaître, elle ne sera que passagère. Elle vous laissera bientôt dans une profonde tristesse: toutes les joies vous laissent dans une profonde tristesse. Mais il y a un type différent de joie qui est un signe de confirmation: vous êtes soudain joyeux sans raison aucune du tout. Vous ne pouvez pas dire exactement pourquoi . Si quelqu'un vous demande "Pourquoi êtes-vous si joyeux?" vous ne pouvez pas répondre.
Je ne peux pas expliquer pourquoi je suis joyeux. Il n'y a aucune raison à cela. C'est ainsi, tout simplement. Maintenant cette joie ne peut pas être dérangée. Quoi qu'il arrive maintenant, cette joie se poursuit. Elle est là comme tous les jours. Vous pouvez être jeune, vous pouvez être vieux, vous pouvez être vivant, vous pouvez être mort -- elle est toujours là. Quand vous avez trouvé quelque joie qui demeure -- les circonstances changent mais elle reste -- alors très certainement vous n'êtes pas loin de l'état de bouddhéité.
***
L'intelligence signifie simplement l'aptitude à répondre, car la vie est un flux. Vous devez être vigilant et voir ce qui est exigé de vous, quel défi apporte la situation. La personne intelligente réagit en accord avec la situation, et la personne stupide réagit en fonction de réponses déjà prêtes. Que ces réponses viennent de Bouddha, du Christ ou de Krishna ne change rien à l'affaire. Ce genre de personnes est toujours armé de saintes écritures ou de citations, elle a peur de dépendre de soi. La personne intelligente dépend de son propre discernement; elle fait confiance en son propre être. C'est une personne qui s'aime et se respecte. La personne non intelligente se contente de respecter les autres.
L'intelligence peut être redécouverte. La seule façon de le faire c'est la méditation. La méditation accomplit une seule chose: elle détruit toutes les barrières que la société a créées afin de vous empêcher d'être intelligent. Elle enlève simplement les blocages. Sa fonction est négative: elle retire les roches qui empêchent les eaux de s'écouler et votre source d'être active.
Chacun porte en lui le formidable potentiel, mais la société a mis de gros pavés pour l'empêcher de jaillir. Elle a créé une véritable muraille de Chine autour de vous; elle vous a emprisonné.
Sortir de toutes les prisons est l'intelligence même -- et ne plus jamais en retomber dans une autre. L'intelligence peut être découverte à travers la méditation parce que toutes ces prisons existent dans votre mental; elles ne peuvent pas atteindre votre être, fort heureusement. Elles ne peuvent pas polluer votre être, elles peuvent seulement polluer votre mental -- elles peuvent seulement voiler votre esprit. Si vous pouvez vous dégager du mental vous vous dégagerez du christianisme, de l'hindouisme, du jaïnisme, du bouddhisme, et il en sera fini de toutes sortes de sornettes.
Et une fois que vous êtes dégagé du mental, l'observant, en en étant conscient, en simple témoin, vous êtes intelligent. Votre intelligence est découverte. Vous venez d'annuler ce que la société vous a fait. Vous venez de détruire la tromperie, vous venez de détruire la conspiration des prêtres et des politiciens. Vous venez d'en sortir, vous êtes un homme libre. En fait, vous êtes pour la première fois un vrai homme, un homme authentique. Maintenant le ciel entier vous appartient.
L'intelligence apporte la liberté, la liberté apporte la spontanéité.
***
La solitude est une fleur, un lotus fleurissant dans votre coeur. La solitude est positive, la solitude est santé. Elle est la joie d'être vous-même. Elle est la joie d'avoir votre propre espace.
La méditation veut dire: béatitude dans la solitude. Ce n'est qu'à ce moment là qu'on peut prétendre être vivant et éveillé, lorsqu'on ne dépend plus de personne, ni d'aucune situation, ni d'aucune condition. Et parce qu'on s'appartient en vrai, cela reste matin et soir, jour et nuit, durant la jeunesse ou la vieillesse, la maladie ou la santé. Pendant la vie, pendant la mort aussi, cela demeure parce que ce n'est pas quelque chose qui vous arrive de l'extérieur. C'est quelque chose qui coule en vous. C'est votre vraie nature, c'est votre nature-même.
Un voyage intérieur est un voyage vers la solitude absolue; vous ne pouvez y emmener personne avec vous. Vous ne pouvez partager votre centre avec quiconque, même pas avec votre bien-aimé. Cela n'est pas dans la nature des choses; on n'y peut rien. A l'instant où vous y êtes, toutes les connections avec le monde extérieur sont rompues, tous les ponts coupés. En fait, le monde entier disparaît.
C'est pourquoi les mystiques avaient surnommé le monde: illusion, maya; non pas qu'il n'existe pas, mais pour le méditant, celui qui entre en soi, c'est presque comme si le monde n'existe pas. Le silence est si profond; aucun bruit n'y pénètre. La solitude est si profonde qu'on a vraiment besoin de tripes solides. Et jaillissant de cette solitude -- l'expérience de Dieu. Il n'y a pas d'autre voie; il n'y en a jamais eu et il n'y en aura jamais.
Célébrez la solitude, célébrez votre pur espace, et un chant grandiose se lèvera dans votre coeur. Et ce sera un chant de conscience, un chant de méditation. Ce sera le chant d'un oiseau unique lançant un appel dans l'immensité -- non pas appelant quelqu'un en particulier, mais simplement l'envie de crier parce que le coeur est rempli, parce que le nuage est gorgé et a envie de pleuvoir, parce que la fleur est pleine, les pétales ouverts et le parfum libéré... sans destination aucune.
Que votre solitude soit une danse.
[Osho - The Psychology of the Esoteric, Ch. 2, 4 February 1971]
*****
La méditation n'est rien d'autre qu'un truc pour vous rendre conscient de votre Moi réel -- qui n'est pas créé par vous, qui n'a pas besoin d'être créé par vous, que vous êtes déjà. Vous êtes né avec. Vous l'ETES! Il a seulement besoin d'être découvert. A condition que la société le permette; et aucune société ne le permet parce que le Moi réel est dangereux: dangereux pour l'Eglise établie, dangereux pour l'Etat, dangereux pour la foule, dangereux pour la tradition, car un homme qui connaît son Moi réel devient un idividu.
Il n'appartient plus à la psychologie des foules, il ne sera plus superstitieux, il ne sera plus exploité, il ne sera plus mené comme on mène le bétail, il ne sera plus ordonné ni commandé. Il vivra selon sa lumière; il vivra de sa propre intériorité. Sa vie aura une énorme beauté, une grande intégrité. Mais c'est cela justement qui fait peur à la société.
Les personnes intégrées ou réalisées deviennent des individus, et la société veut que vous soyez des non-individus. Au lieu de l'individualité, la société vous apprend à être une personnalité. Le mot "personnalité" mérite d'être compris. Il provient de la racine "persona", qui veut dire "masque". La société vous donne une fausse idée de qui vous êtes: elle vous donne juste un jouet, et vous passez toute votre vie accroché à ce jouet.
Comme je peux le constater, pratiquement personne n'est à la bonne place. La personne qui aurait dû être un médecin comblé est peintre et celle qui aurait dû être un peintre comblé se retrouve médecin. Personne ne semble être là où il devrait être; c'est pourquoi toute la société est dans une telle pagaille. La personne est dirigée par les autres: elle n'est pas dirigée par sa propre intuition.
La méditation vous aide à faire croître votre faculté intuitive. Elle vous permet de voir plus clair en vous, ce qui vous convient le mieux, ce qui vous aide à fleurir. Et peu importe ce que ça sera, cela sera différent pour chaque individu -- tel est le sens du mot "individuel": chacun est unique. Et rechercher et aspirer à votre unicité n'est pas une mince affaire. C'est même une grande aventure!
[Osho - Meditation - The First and Last Freedom. ]
13:05 Publié dans Spiritualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : méditation, silence, être, amour, vie, intelligence, liberté
09.09.2007
De l'Amour
![]() Dit-on souvent; c’est à la fois vrai et faux. Ce qui est dans le temps se dissipe comme lui; Ce qui est éternel en lui reste miraculeusement — Profondément ancré dans la mélodie De l’Être, laquelle était avant le rêve terrestre. | |
| [F. Schuon, Lieder ohne Namen VI] | |
20:45 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : amour, être








